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La nouvelle économie n’est pas un mythe (La galaxie Internet 2)

mardi 26 mars 2002, par Pascal Fortin

Pascal Fortin, chercheur en sciences sociales publie une note de lecture en cinq épisodes sur le dernier livre de Manuel Castells : La galaxie Internet. En voici la deuxième partie. La suite sera publiée suivant un rythme hebdomadaire

Durant les années 1990, constate Manuel Castells, l’entreprise privée été la plus rapide à s’emparer de l’internet en bouleversant son mode de fonctionnement : "Internet change tout pour elle ; ses rapports avec ses fournisseurs et ses clients, sa gestion, ses processus de production, sa façon de coopérer avec les autres firmes, son mode de financement, la cotation de ses actions sur les marchés financiers. Savoir s’en servir est devenu un facteur crucial de productivité et de compétitivité dans tous les secteurs" (p.83). Du « tourbillon des société .com », affirme-t-il, un nouveau paysage économique est né, dont le coeur serait le « cybermonde des affaires ».

Quels rapports l’internet entretient-il avec les nouvelles pratiques dans l’entreprise, la transformation des marchés financiers, les nouvelles formes de « travail flexible » au sein de « l’entreprise en réseau », la croissance, la productivité et l’innovation en ce début de XXIe siècle ? Telles sont les questions auxquelles Castells tentent de répondre dans son analyse de la nouvelle économie.

l’entreprise en réseau

Selon lui, le succès de l’internet au sein du monde des affaires s’explique avant tout par son adéquation au nouveau modèle d’organisation adopté par les firmes les plus productives et les plus compétitives depuis les années 1980, celui de « l’entreprise en réseau ».

Castells recourt à cette expression pour désigner "l’organisation autour de projets réalisés en coopération par des segments différents de firmes différentes : ils s’interconnectent pour la durée de l’opération, et reconfigurent leurs réseaux différemment à l’occasion de chaque projet" (p.86).

L’entreprise en réseau n’est pas un réseau d’entreprises, ni même une entreprise dont l’organisation interne est en réseau. "Ce serait plutôt un dispositif « léger » d’activité économique, construit autour de projets précis, qui sont mis en exécution par des réseaux de composition et d’origines diverses : le réseau est l’entreprise qui entreprend" (p.87.).

La grande force des dispositifs d’information et de communication, depuis le fax, le téléphone et les premiers réseaux d’échange de données informatisés jusqu’à l’internet aujourd’hui, est de permettre de gérer la complexité propre à ce type de structures au-delà d’une certaine dimension. C’est pourquoi, écrit Castells, "ils ont joué un rôle essentiel dans la vaste réorganisation structurelle qui a balayé le monde des entreprises" (p.87.).

Si le modèle de l’entreprise en réseau est particulièrement adapté à l’univers des start up, il se répand rapidement dans d’autres secteurs. Ainsi devient-il la forme d’organisation « dominante » dans l’industrie électronique. A la suite de Cisco Systems qui a joué un rôle pionnier dans ce domaine, des entreprises comme Nokia, Hewlett-Packard, IBM, Sun Microsystems et Oracle "comptent parmi les firmes les plus avancées dans la restructuration autour d’Internet, tant pour ce qui concerne le produit que pour le processus de production". (p.92.).

Aujourd’hui, ce modèle ne se limite plus au secteur de la haute technologie, mais progresse dans les branches d’activité les plus traditionnelles, comme en témoigne les exemples de sociétés comme Valeo ou Webcor. "Ce qu’Internet ajoute au modèle de l’entreprise en réseau, c’est donc la capacité d’évoluer en liaison organique avec l’innovation, les systèmes de production et la demande du marché, tout en restant concentré sur l’objectif premier de toute entreprise : gagner de l’argent" (p.99.).

A cet égard, la façon de le gagner a lui aussi considérablement évolué dans la mesure où les réseaux d’ordinateurs ont également transformé les marchés financiers, "arbitres ultimes de la valeur de chaque firme" (p.99.).

La transformation des marchés financiers

Selon castells, la transformation des marchés de capitaux est à la source du développement des start up aussi bien que de l’ensemble de la nouvelle économie : "Sans le financement des start-up innovantes par les firmes de capital-risque, il n’y aurait eu aucune croissance net-économique. Et les détenteurs de capital-risque n’ont pu se lancer dans une orgie de financement, en dépit du taux de mortalité élevé de leurs investissements (environ un tiers des projets aux Etats-Unis), qu’en raison des retours élevés assurés par la valeur de capitalisation boursière sans précédent que les marchés financiers ont octroyée à beaucoup de ces entreprises novatrices" (p.100).

Malgré la liquidation, dans le monde entier, de nombreuses start up, Castells considère que la longue période de forte croissance des années 1990 a d’ores et déjà transformé non seulement l’économie américaine, mais aussi « le noyau de l’économie mondiale ». A cet égard, la cotation élevée des actions technologiques ne saurait, à ses yeux, être réduite à une « bulle financière », en dépit de la « surévaluation évidente de nombreuses firmes ».

En fait, explique-t-il : "Nous assistons aujourd’hui au développement progressif d’un marché financier mondialisé, interdépendant, fondé sur des réseaux d’ordinateurs, et qui suit des règles nouvelles pour l’investissement des capitaux et l’évaluation des actions et des titres en général. A mesure que les technologies de l’information se font plus puissantes et plus flexibles et que les réglementations nationales sont battues en brèche par les flux de capitaux et la transmission électronique, les marchés financiers s’intègrent et finissent par fonctionner comme une entité unique, en temps réel et à l’échelle du globe. La possibilité de mettre en réseau par ordinateur les systèmes de transactions transforme donc les marchés financiers, et leurs nouvelles règles apportent le capital nécessaire au financement, fondamental mais complexe" (p.101.).

Selon lui, On s’oriente vers un système où la transaction électronique est en train de devenir le coeur d’un marché financier qui se reconfigure par l’intermédiaire de l’unification des Bourses du monde entier en un petit nombre de noeuds capables d’attirer les investisseurs par leur masse et leur flexibilité. Bien sûr, cette évolution n’est pas sans conséquences : "La transaction électronique augmente le nombre d’investisseurs qui appliquent des stratégies extrêmement diversifiées, en utilisant un réseau décentralisé de sources d’investissements, sur un marché mondial interdépendant qui fonctionne à grande vitesse. Le résultat net, c’est une croissance exponentielle de la volatilité - puisque la complexité, le volume et la rapidité suscitent un comportement de réaction rapide des investisseurs qui disposent d’Internet, d’où une dynamique du chaos et d’innombrables tentatives de deviner le marché en temps réel plus vite que lui. La transformation des réalités financières et celle de la technologie des transactions ont donc un effet convergent : elles font de la volatilité du marché une tendance systémique" (p.108.).

A la lecture de ce qui précède, on comprend aisément pourquoi Castells en déduit que, "globalement, les marchés financiers ne sont contrôlés par personne" (p.111.). Selon lui, "Ils sont devenus une sorte d’automate, dont les mouvements brusques ne répondent à aucune logique économique rigoureuse, mais bien à une logique de complexité chaotique, celle qui résulte de millions de décisions réagissant en temps réel et sur une échelle planétaire à des turbulences de l’information d’origines diverses" (p.111.).

Oui, affirme-t-il, "beaucoup de start-up Internet n’étaient pas viables". Néanmoins, prend-il soin de préciser, « de très grandes firmes technologiques, à la pointe de l’innovation, gérées efficacement, engrangeant des revenus et déclarant des profits, se sont vu infliger par les marchés un châtiment totalement disproportionné aux causes manifestes de leur baisse de résultat » (p.112.).

Contrairement aux commentaires de la plupart des analystes financiers, Castells refuse de voir dans le retournement brutal du cours des actions technologiques un retour aux « critères traditionnels » de jugement des marchés financiers. Il traduit selon lui avant tout l’ampleur de la volatilité des marchés financiers, à commencer par les marchés à croissance forte où les investisseurs circulent et agissent « à la vitesse d’Internet » : "Il n’en ressort pas qu’il y a eu « exubérance irrationnelle » suivie d’un dégrisement soudain, mais au contraire nervosité paniquarde imposée structurellement par la mondialisation, la déréglementation et la transaction électronique" (p.114.). Ainsi, précise-t-il, cette expérience ne témoigne pas du retour en force du cycle des affaires habituel, mais de l’émergence d’un nouveau climat des affaires qui "se caractérise par la volatilité et l’alternance de mouvements très violents de l’évaluation boursière à la hausse et à la baisse provoqués par des turbulences de l’information qui associent les critères économiques à d’autres facteurs de jugement" (p.114.).

C’est pourquoi conclut-il, "A l’ère d’Internet, caractérisé par la volatilité systématique de marchés financiers mus par l’information, l’aptitude à vivre dangereusement devient un impératif quotidien des entreprises" (p.114.).

La généralisation du travail flexible

Si Castells considère que l’évaluation des marchés financiers fournit désormais le socle de l’activité de l’entreprise, le travail n’en reste pas moins à ses yeux la source de la productivité, de l’innovation et de la compétitivité. On ne sera pas étonné d’apprendre qu’il subit également de profondes transformations.

Dans la nouvelle économie structurée autour des réseaux électroniques, le travailleur doit en effet plus que jamais savoir se « reprogrammer », aussi bien au niveau de ses compétences, de ses connaissances, que de son mode de pensée, en fonction de l’évolution des tâches qui lui sont assignées. A cet égard, écrit Castells : "Le travailleur autoprogrammable doit avoir reçu une éducation qui lui permette d’étendre et de modifier, tout au long de sa vie professionnelle, le stock de connaissances et d’informations accumulé dans son esprit" (p.115.).

Concrètement, cette exigence accrue en termes d’autonomie et d’engagement induit de lourdes conséquences dans le rapport entre le « travailleur autoprogrammable » et son employeur, dans la mesure où il exige selon Castells, un "dévouement total aux projets de l’entreprise, bien au-delà de ce que stipulent les contrats" (p.117.). cette "résurrection historique de l’autonomie du travail après la bureaucratisation de l’ère industrielle" se vérifie de manière particulièrement flagrante dans le développement actuel des « microentreprises » généralement composées d’un seul individu.

Si l’avènement de la main-d’oeuvre autoprogrammable est corrélative des transformations actuelles de l’économie, elle ne représente pas l’unique modèle du travailleur. Il s’agit en effet de distinguer entre la « main-d’oeuvre autoprogrammable » et la « main-d’oeuvre générique ». Cette dernière, nous dit Castells, "rassemble les travailleurs qui n’ont pas de qualification spéciale ni d’aptitude spéciale à en acquérir dans le processus de production, autre que celle qui est nécessaire pour exécuter les instructions de la maîtrise" (p.120.).

Par-delà leur différence, ces deux catégories de travailleurs sont directement concernées par la « transformation fondamentale » des rapports sociaux dans l’entreprise correspondant à la généralisation de la flexibilité : "La réorganisation en réseau des entreprises, le rythme accéléré de l’économie mondiale et l’aptitude des individus et des firmes à travailler en ligne appellent une structure flexible de l’emploi" (p.121.). De fait, le travail indépendant, le temps partiel le travail temporaire, la sous-traitance et les activités de conseil sont en plein essor dans le monde actuel du travail.

Partant du constat que les femmes sont la source majeure de cette main d’oeuvre autoprogrammable compétente, flexible et autonome, castells n’hésite pas à conclure sur cette formule que d’aucuns pourraient juger maladroite : "l’homme de l’organisation, c’est fini ; la femme flexible ; ça commence" (p.121.).

En résumé, écrit-il : "la flexibilité du travail, les modèles variés de l’emploi, la diversité des conditions de travail et l’individualisation des relations salariés-patronnat sont des traits caractéristiques de l’entreprise électronique. Mais à partir du noyau de la nouvelle économie, les pratiques du travail flexible se diffusent progressivement sur l’ensemble du marché du travail, contribuant à créer une forme nouvelle de structure sociale, celle que j’ai définie par le concept de société en réseaux" (p.122.).

Productivité / innovation

Le recours à la notion de nouvelle économie, écrit Castells, ne prend son sens que dans la mesure où il correspond effectivement à une forte croissance de la productivité. Or, d’éminents économistes mettent précisément en doute la réalité d’une telle croissance. Pourtant, observe-t-il, de récents changements dans les catégories statistiques des Etats-Unis et de meilleures procédures comptables semblent indiquer que les investissements massifs dans les nouvelles techniques d’information, "couplés aux changements organisationnels privilégiant les réseaux", ont eu pour effet une forte croissance de la productivité : "Les Etats-Unis ont connu, pendant la seconde moitié des années 1990, une importante augmentation de l’investissement en technologies de l’information et en logiciels, qui, en 2000, représentait 50% de l’investissement total des entreprises. Cet effort, et la refonte organisationnelle simultanée, en particulier la diffusion du réseau à base Internet comme pratique d’entreprise tout à fait courante, semblent être les facteurs cruciaux qui ont déterminé la croissance de la productivité du travail - source ultime de la création de valeur et base de la nouvelle économie" (p.125.).

Si ce constat est valable pour les Etats-Unis, il se vérifie naturellement, de manière plus ou moins différenciée, dans les autres régions du monde où l’investissement dans les systèmes d’information électronique et la diffusion de l’internet progressent rapidement.

Aux sources de cette croissance de la productivité du travail, donc de la création de richesse, à « l’ère de l’information », se trouve bien sûr la « nouvelle économie », elle-même « propulsée par les technologies de l’information, reposant sur la main-d’oeuvre autoprogrammable et organisée autour de réseaux d’ordinateurs », dont le fer de lance est le « cybermonde des affaires » (p.126.).

Si le travail est la source de la productivité, son potentiel de créativité et l’efficacité de l’organisation de l’entreprise dépendent en dernière analyse de l’innovation. Celle-ci est elle-même fonction d’un personnel très qualifié et de l’existence « d’organisations de création du savoir ». Ses modalités de développement sont également profondément transformées en raison de l’utilisation de l’internet qui joue désormais un rôle fondamental dans ce processus.

Concrètement, l’innovation repose aujourd’hui sur l’articulation de trois grands facteurs :
- la mise en place d’un système de recherche-développement bien au point ;
- l’existence d’une main-d’oeuvre autoprogrammable ;
- la mobilisation d’entrepreneurs compétents.

Tout cela s’articule avec de nouvelles modalités d’interaction entre les entreprises, dont Castells rend compte par le biais de la formule suivante : "Coopération dans la recherche, concurrence dans les applications et les services : telle paraît être la division du travail dans la nouvelle économie" (p.129.).

Ainsi, conlut-il, "Quand on intègre en temps réel les réactions de toutes les parties prenantes à un processus de production/gestion, l’innovation est testée dès le départ : le produit et le processus de production se renouvellent constamment par interaction entre producteurs et consommateurs, dans une dynamique commune de retours croissants pour tous les participants au réseau. Tout cela instaure une relation de type nouveau entre rapports de propriété et rapports de production dans la création et la possession des richesses. Il y a des zones de coopération et d’appropriation collective liées à des zones de concurrence et d’appropriation privée. Ces évolutions sont encore embryonnaires, mais elles pourraient annoncer des mutations profondes dans la logique sociale de l’innovation, de la productivité et de la croissance économique" (p.129-130.).

Conclusion

On l’aura compris, aux yeux de Castells, le « cybermonde des affaires » ne se réduit pas aux seules entreprises qui n’existent qu’en ligne, mais il englobe toutes celles qui se structurent autour de l’internet et des autres réseaux d’ordinateurs. "Ce cybermonde est au coeur de l’émergence d’une nouvelle économie, qui se caractérise par le rôle crucial de la main-d’oeuvre autoprogrammable, de l’innovation technologique et de l’évaluation des marchés financiers dans la dynamique économique. Comme dans toutes les économies, la croissance de la productivité du travail est le moteur du développement, et l’innovation est la source de la productivité. Ces facteurs sont tous mis en oeuvre et transformés par Internet, moyen indispensable d’organisation, de mise en réseau, de traitement de l’information et de création du savoir. C’est ainsi que l’électronique transforme graduellement la vieille économie en une économie nouvelle qui s’étend à l’ensemble de la planète, sur un mode extrêmement inégal il est vrai" (p.130.).

Ce qui permet d’affirmer l’existence d’une nouvelle économie, explique Castells, "c’est la hausse de la productivité du travail et la meilleure compétitivité des entreprises qui découlent de l’innovation" (p.131.). L’innovation est elle-même fonction de l’existence d’un système de recherche-développement performant, de l’accès à une main-d’oeuvre autoprogrammable, de conditions favorables aux initiatives des entrepreneurs les plus compétents. A cet égard, précise Castells : "Même les entrepreneurs les plus audacieux qui disposent de la meilleure technologie et ont conçu un bon projet ne peuvent pas grand-chose sans argent. Le financement de la nouvelle économie est la pierre angulaire de son existence" (p.133.). Or, déplore-t-il, "Ce qui ressort de l’observation, c’est que, dans la période 1996-2000, le marché a récompensé sans grande discrimination les actions technologiques de toute nature, et qu’en 2000-2001, le même marché a puni toutes les actions technologiques d’une façon tout aussi égalitaire. Il n’a prêté aucune attention aux résultats concrets des entreprises" (p.134.). Néanmoins, castells ne croit pas à la fin de la nouvelle économie, mais "au début de sa deuxième phase" (p.139.).

En résumé, écrit castells : "La nouvelle économie est régie par un marché boursier extrêmement sensible, qui finance l’innovation à haut risque dont est issue la vive croissance de la productivité. C’est une économie aux enjeux très élevés : la croissance forte et l’extraordinaire création de richesse s’accompagnent de retournements potentiellement violents et de destruction de richesse. Une fois le mécanisme d’évaluation boursière sur la pente descendante, l’effondrement ne s’arrêtera pas mécaniquement, par simple effet de prix. Il faudra un renversement des anticipations. Sinon, quand les actions seront en solde, il risque de se trouver trop peu d’argent pour les acheter, et beaucoup trop de panique dans l’air pour que l’épargne quitte les refuges sûrs apparus dans la période de repli. Même de nouvelles vagues d’innovations technologiques (dans les biotechnologies, l’Internet mobile, les nanotechnologies) ne pourront réactiver l’économie sans que renaisse la confiance dans leur avenir commercial. La nouvelle économie, au fond, est une question de culture : elle repose sur la culture de l’innovation, la culture du risque, la culture des anticipations, et finalement la culture de l’espoir en l’avenir. Ce n’est qu’à la condition que cette culture-là survive à sa négation par les tenants de l’ancienne économie industrielle que la net-économie pourra de nouveau prospérer. Mais, puisque nous connaissons désormais - pour en avoir fait l’expérience - la fragilité de ce processus de création de richesse, peut-être vivrons-nous sa deuxième phase d’une autre façon, avec en tête une autre conception des choses" (p.141-142.).

- Première partie : Les origines culturelles de l’Internet