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Mandrake 8.1 : Linux pour les nuls - Homo Numericus

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Mandrake 8.1 : Linux pour les nuls

jeudi 11 octobre 2001, par Pierre Mounier

Linux n’est plus réservé aux spécialistes. Avec la 8ème version de sa distribution, Linux-Mandrake vient de faire passer un cap au célèbre système d’exploitation libre en facilitant notamment son installation et sa configuration. On sait bien en effet que ce sont les deux points faibles traditionnels à ce système : il n’y a pas si longtemps, il fallait encore partitionner à la main son disque dur, opération délicate qui en a fait trembler plus d’un, puis compiler à la ligne de commande le kernel ou noyau du système d’exploitation. Tout cela pour se retrouver devant un écran noir (si tout s’était bien passé) avec un curseur clignotant. Il fallait alors configurer par l’intermédiaire d’un menu des plus austères l’interface graphique du système d’exploitation, le fameux Xfree, qui ne reconnaissait qu’une fois sur deux la carte graphique et le moniteur (avec des messages charmants du type : "attention, si vous faites une erreur, vous risquez d’endommager votre matériel). Pour ma part, je me souviens très bien d’un petit matin blême où, après toutes ces étapes, je me suis retrouvé au redémarrage devant un écran affichant sans barguigner une série de 0 et de 1....

La grande originalité de la distribution Linux-Mandrake a toujours été de prendre en charge ces délicates opérations à travers des interfaces graphiques très simples et automatisées. Dans cette distribution, l’étape du partitionnement de disque est devenue très aisée et ne cause plus d’inquiétude particulière. Cette option "tout graphique" est d’ailleurs conservée dans le menu de boot (géré par Lilo), qui ne déverse plus des dizaines de messages incompréhensibles pour le néophyte, mais affiche un bel écran bleu où sont très clairement indiquées les étapes pas lesquelles passe l’ordinateur pour démarrer.

Une surprise de taille attend l’habitué du système d’exploitation lorsqu’on arrive à l’écran de login : parmi les utilisateurs enregistrés, le compte root qui permet d’administrer le système n’est plus présenté par défaut. Il faut donc volontairement taper le login "root" pour accéder à ce compte. Plus de possibilité de faire des erreurs involontairement donc, puisqu’il faut savoir ce qu’est un compte root pour y accéder. C’est là une évolution majeure qui rapproche considérablement Linux du nouveau MacOSX, lui aussi un Unix mais dont ce compte est bloqué par défaut. Plus largement, il semble bien que les développeurs de Linux-Mandrake aient enfin pris au sérieux les recommandations que l’on distille habituellement aux néophytes : ne vous loggez pas sous root. Passez par votre compte utilisateur et entrez le mot de passe nécessaire lorsque le système vous le demande. Les utilisateurs plus expérimentés peuvent, quant à eux, effectuer les manipulations qu’ils souhaitent tout aussi aisément.
Un des points faibles traditionnels de Linux est la reconnaissance des composants matériels. Personnellement doté d’une configuration matérielle pour le moins hétéroclite( AMD K-6 d’intégrateur, équipé de deux cartes réseaux, une ISA et une PCI, d’un lecteur de cd-ROM, d’un lecteur de DVD avec sa carte de décompression, d’un graveur, d’une carte graphique Vodoo2 et de deux disques durs, sans compter la souris « intellieye » sur port USB, le scanner et l’imprimante, le tout étant d’âges et de marques différentes), il y avait beaucoup de chances pour que l’un ou l’autre de ces éléments ne soit pas reconnu à l’installation, comme ce fut le cas dans les distributions précédentes que j’ai pu tester. Surprise, la Mandrake 8 est la première distribution qui reconnaît sans coup férir à l’installation tous mes périphériques, sans me demander de recourir à une configuration manuelle. Chapeau Mandrake !

Tout le pari de Mandrake consiste à prendre l’utilisateur par la main et à le guider dans sa vie linuxienne. Une fois l’installation réalisée, cette stratégie se concrétise par une pléthore de logiciels « maison », comme le Mandrake control center qui permet une configuration finale des plus aisée ou Mandrake FirstTime depuis la 8.1 qui permet d’entrer ses paramètres personnels à la première utilisation. Le tout est complété par un ensemble de services en lignes comme Mandrake online ou Mandrake Campus.

Pour le reste, les différents éléments de cette distribution ne sont pas spécifiques à Mandrake. On notera toutefois que des différents bureaux, KDE ou Gnome, les logiciels qui les accompagnent, Koffice, Kmail, et les autres, sont arrivés à n point de maturité qui rend leur utilisation très agréable. C’est tout particulièrement vrai du bureau KDE auquel vont mes préférences. Réputé austère, cet environnement de travail a su, au cours de ses dernières versions, gagner en présentation, tout en gardant la stabilité qui a fait sa réputation. Il accueille désormais des thèmes, téléchargeables sur un site spécifique, qui permettent à chacun de trouver son bonheur.

A l’heure où Linux et Windows se posent en ennemis irréconciliables, beaucoup d’utilisateurs de Windows se demandent s’ils doivent se lancer dans les bras du pingouin et jeter par dessus bord le bon vieux système d’exploitation qu’ils connaissent bien. Surtout pas ! D’une part, Linux s’acquitte encore très mal et très difficilement des tâches multimedia, en particulier la vidéo, et d’autre part, le grand avantage de ce système d’exploitation, c’est sa tolérance : Le système de chargement de Linux le plus répandu, Lilo, permet de gérer au démarrage la coexistence des deux systèmes d’exploitation et le mettre en place lors de la phase d’installation de Linux est un jeu d’enfant. Alors, pourquoi se priver de la variété et rester enchaîné à un seul système ? Cerise sur le gâteau, les partitions Windows sont accessibles depuis Linux, ce qui permet parfaitement d’ouvrir et modifier des documents à l’intérieur de celles-ci.

Décidément, l’époque n’est plus au western en matière d’informatique, malgré les déclarations péremptoires des uns et des autres. Au prix d’un petit effort, d’ailleurs de moins en moins grand, les utilisateurs peuvent aller butiner ici et là le meilleur de chacun des systèmes et passer à volonté de l’un à l’autre.

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