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Le mouvement pour l’accès ouvert en quête de label

mardi 21 mars 2006

Depuis plusieurs années, le secteur de l’édition scientifique connaît un mouvement de fond qui prend toujours plus d’ampleur. Handicapés par l’augmentation du prix des abonnements aux principales revues ainsi que par la lenteur du cycle habituel de publication, chercheurs et bibliothécaires dans plusieurs disciplines ont cherché à rendre disponibles leurs articles directement en les mettant en ligne sur le champ, sans attendre qu’il soient publiés dans la revue à laquelle ils ont été soumis.

Ce mouvement, qualifié d’open access, a récemment pris de l’ampleur, en particulier à partir d’une série de rencontres entre responsables des grands organismes scientifiques à l’Institut Max Planck de Berlin. La prochaine session se tiendra à la fin du mois. En France, le CNRS vient de créer auprès de son directeur général un comité de pilotage des archives ouvertes qui constitue sans doute un premier pas d’une coordination plus large entre les différentes initiatives existant au plan national.
Tout cela est très beau, mais qu’est-ce qu’exactement l’open access, s’interroge Richard Poynder sur son blog. Car ce journaliste spécialisé sur les questions de propriété intellectuelle liées aux nouvelles technologies remarque que tout le monde commence à s’approprier le terme. C’est le cas en particulier des éditeurs qui imposent un embargo de six mois voire un an à la libre mise à disposition par les chercheurs des articles qu’ils publient dans leurs revues, constituant ainsi une entorse à l’esprit d’un mouvement dont les objectifs ont toujours été de rendre accessible immédiatement les résultats de la recherche.

Ce ne sont pas les éditeurs qui doivent être blâmés argumente-t-il. Car pour être vivace, le mouvement de l’open access n’est pas structuré. Ainsi fait-il remarquer que contrairement au mouvement de l’open source dans le secteur du logiciel, celui-ci ne s’est jamais doté d’un organisme prenant en charge un effort de définition commune du terme, et labellisant sur cette base les pratiques éditoriales en matière de publication scientifique.


Voir en ligne : Open and shut