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Le Web sans les sites

mercredi 22 mars 2006

Chacun peut en faire aisément l’expérience, la diffusion de contenus sur Internet est encore très souvent encapsulée en quelque sorte dans une présentation graphique rigide qui prend la forme de sites Web composés de pages Web.

Ce mode d’inscription de l’information, hérité en fait des modalités de publication du papier (où c’est l’acte de fixation, définitive, sur un support qui est stratégique), est en train de s’affaiblir au profit d’une libération de plus en plus complète des contenus par rapport à leur mise en forme. Cette évolution est consubstantielle au support numérique en fait. Elle a trouvé son point d’application le plus pertinent au sein des langages dits "à balises", comme le langage html et surtout le langage xml. Celui-ci est aujourd’hui en train de rencontrer de nouveaux usages à travers la conjonction de deux phénomènes que le journaliste Richard McManus présente sur son blog Read/write Web comme étant articulés entre eux : la pratique du « blog structuré » d’un côté, les microformats de l’autre. Le blog structuré (structured blogging) est une manière de diffuser de l’information au moyen d’un type de publication relativement libre (le blog) en qualifiant cette information au moyen de balises spécifiques. Cette qualification de l’information permet à des robots d’extraire uniquement celle qui est pertinente pour la réutiliser dans d’autres contextes (classement, republication, mélange ou corrélation avec une autre information, etc.) Le format de transmisssion de cette information qualifiée, ce sont les microformats.

Richard McManus analyse ce phénomène comme relevant de ce qu’il appelle les « microcontenus ». Pourquoi pas. Et évidemment, ce qu’il décrit constitue un développement particulier d’un phénomène polymorphe labellisé sous le titre de Web 2.0. Il existe une dimension, cependant qu’il évoque rarement et qu’il faudra bien utiliser. C’est le phénomène de convergence entre ce qu’il décrit et le basculement progressif, aujourd’hui de plus en plus nécessaire vers des formes de propriété intellectuelle qui rendent juridiquement possible la transmission, la transformation, la réutilisation des contenus. Les licences libres et licences Creative Commons sont de ce point de vue, excellement positionnées pour l’avenir.


Voir en ligne : Read/Write Web