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Free our data : quand les contribuables britanniques refusent de payer deux fois.

dimanche 26 mars 2006

Tout a démarré par un article publié dans le supplément technologie du Guardian au début du mois. Intitulé « Give us back our crown jewels » (rendez-nous les joyaux de la couronne), cet article signé de la rédaction du Guardian s’élève contre la commercialisation par la plupart des agences gouvernementales des données (statistiques, cartographiques ou iconographiques) qu’elles produisent pour la plupart sur fonds publics.

Cette situation absurde, jugent ainsi les signataires, revient à faire payer deux fois le contribuable qui cherche à accéder à ces données. La situation est encore plus ridicule lorsqu’on pense que dans un grand nombre de cas, l’Etat se paye à lui-même l’accès à ses propres données lorsqu’un de ses services à besoin d’utiliser celles que produit un second.

Mais là n’est pas le plus grave. Car pour Charles Arthur et Michael Cross, les deux auteurs de l’article, les conséquences économiques d’une telle politique sont négatives et constituent un frein pour l’innovation. La comparaison avec les Etats-Unis, où les données obtenues par des recherches financées par l’Etat fédéral sont, par la loi, publiques, est pour eux éclairante ; car le libre accès aux données statistiques, pour prendre un exemple canonique, y a permis à des services aussi efficaces et populaires que Google Map, Microsoft MapPoint ou Yahoo Maps de se développer sur la base de mélange entre les données cartographiques fournies par ces entreprises et celles données librement par l’Etat. A l’arrivée, argumentent-ils en s’appuyant sur une étude publiée par un représentant de l’US National Weather Service, il revient moins cher à l’Etat de renoncer à commercialiser ses données, si le service qui est rendu à l’ensemble de la collectivité permet le développement d’activités économiques florissantes améliorant la situation de l’emploi et accroissant la richesse du pays.

C’est manifestement sous les précédents gouvernements conservateurs que les agences gouvernementales britanniques se sont vues imposer des critères de rentabilité ou d’équilibre financier au point de devoir se comporter comme des acteurs économiques parmi d’autres intervenant sur le marché. C’est pour lutter contre une situation qu’ils jugent absurde que le Guardian s’est lancé dans une grande campagne de lobbying intitulée "Free our data", dotée depuis peu d’un site Web et d’un blog. Il s’agit de faire pression sur les représentants en mobilisant l’opinion publique pour réclamer une loi libérant les données publiques d’un copyright d’Etat jugé absurde et néfaste.


Voir en ligne : Free our data