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Le data mining au service du contre-espionnage

mardi 28 mars 2006

Les techniques d’analyses de données issues d’enregistrements téléphoniques ou des communications sur Internet sont en train de franchir un pas, selon un récent article publié dans le New York Times. Selon son auteur, une poignée d’officiels accrédités par différentes agences de sécurité américaines, sont en effet récemment venus rendre visite à différentes sociétés commercialisant des logiciels d’analyses de données (data mining). L’objectif, semble-t-il, est d’être capable d’analyser non pas tellement les contenus des communications, que le récurrence de structures (fréquence, types d’interlocuteurs), de manière à, d’une part, identifier des réseaux sociaux jusqu’à présent invisibles, et d’autre part, en les croisant avec d’autres données, réussir à détecter des mouvements suspects potentiellement annonciateurs de menaces.

Le problème avec ce type de démarches, précisent plusieurs analystes, est qu’elles sont frontalement contradictoires avec la moindre notion de respect de la vie privée, puisqu’il ne s’agit plus d’observer le comportement d’individus qui sont déjà suspects, mais bien d’analyser les données émises par l’ensemble de la population, comme, par exemple, celles qui concernent des milliards de conversation téléphoniques, conservées par AT&T. L’article retrace l’histoire du projet Total Information Awareness, mis sur pied par l’amiral Poindexter au lendemain du 11 septembre, et qui fut ensuite démantelé en apparence à cause du scandale qu’il provoqua sur ce plan. L’ironie du sort, apprend-on, est que ce fiasco a du même coup provoqué l’arrêt d’un programme de recherche mené par Xerox, visant à permettre aux services de sécurité d’analyser leurs données sans rien connaître de l’identité de ceux qui les émettent. Avec ce dispositif, ce ne serait que lorsqu’une structure suspecte a été détectée que cette identité pourrait être dévoilée, sous contrôle d’un juge.


Voir en ligne : NY Times