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24 heures avec Linux : du sang et des larmes (2)

vendredi 25 août 2006

Or donc, me voici lancé dans l’univers palpitant du NAS en explorant NasLite et Freenas. Je laisse vite tomber le premier, qui est en fait un logiciel payant et me perd dans toute sa déclinaison de versions, et me tourne vers Freenas : gratuit, codé en solo par un frenchy, léger (32 Mb) et reposant sur une base de FreeBsd, ce logiciel a tout pour inspirer la confiance.

Et de fait, l’installation est simplissime et ultra-rapide, au moyen d’un cd de boot. Il ne reconnaît pas une de mes deux cartes réseau, il n’a pas reconnu mon lecteur de cd-rom, puis a fini par l’accepter à la troisième tentative sans que je comprenne pourquoi ; bref rien que de très normal jusque là. L’interface d’administration s’atteint via le Web, et elle est vraiment très bien faite : il faut d’abord ajouter chacun des disques dans le manager, puis les monter un à un. Ensuite, on ouvre les services : CIFS, NFS, FTP, RSync si on veut et on définit les utilisateurs. Tout se fait à chaud via le navigateur et ça fonctionne très bien...

A l’usage, la situation est moins rose : le partage de fichiers sur réseau Windows est très lent. Un petit tour dans le forum m’apprendra que c’est un problème connu. Apparemment, tout le monde se creuse la tête pour comprendre pourquoi. Bon, si passer de Windows a autre chose entraîne une baisse de performance sur mon réseau domestique, c’est uun peu embêtant. Reste le ftp. Aha le ftp! Le ftp marche très bien, a un petit détail prêt que j’aurais manqué si je n’avais consulté le forum du site du logiciel (épisodiquement indisponible d’ailleurs) : il est impossible de désactiver l’accès anonyme au serveur ! Du coup, tous mes disques sont ouverts aux 4 vents. Conclusion : à part le CIFS et le FTP, Freenas est tout à fait fonctionnel [1]

Exit Freenas donc. Puisqu’en j’en suis là (j’ai passé un certain temps à migrer toutes mes partitions de NTFS à FAT32 pour les rendre inscriptibles sous Linux ou BSD) et que de toute façon mon MBR est écrasé, autant explorer différentes solutions Linux. Je commence par Knoppix, dont Framasoft me vante les mérites et qui, d’ailleurs, vient de sortir une nouvelle version de son live-CD. Je télécharge et grave donc Knoppix. Je boote sur le CD et là...miracle, la plupart de mes périphériques sont reconnus. Je me logue sous Kde ; tout semble marcher ; même le réseau. Tout cela est bien beau (superbe même avec les semi-transparences de Kde2 que je m’empresse de désactiver à cause de ma configuration poussive), mais j’ai un ftp et un samba à lancer ;’ai pas l’temps de r’garder l’ paysage, moi.

Je commence par la carte réseau : je souhaite lui attribuer une adresse statique et non laisser faire le serveur DHCP. Je cherche donc l’outil de configuration des cartes réseaux . Apparemment, avec cette distribution, on passe vite de l’autre côté du décor. Je tombe sur une interface austère qui me parle à moitié en anglais, à moitié en allemand. Je tatonne : je n’arrive jamais à savoir, sur mes deux cartes réseaux, laquelle est eth0, laquelle eth1. Le temps de faire plusieurs essais et de me rendre compte que l’une des deux n’était pas reconnue (la moitié des essais pour rien donc), je finis par récupérer une connexion.

Passons à Samba : dans le menu de démarrage, il y a une entrée « Knoppix » contenant un sous-menu « services » aboutissant à « start Samba ». Je starte, et me précipite sur mon portable (sous Windows) pour voir si quelque chose à changé. Là, rires de commisération : pauvre fou qui croyait que tout allait marcher du premier coup, sans configuration particulière, et qui ne sait pas que Knoppix, c’est Debian, et que Debian, c’est la sé-cu-ri-té ; autrement dit que tout y est fermé, bouclé, cadenassé par défaut. Soit. Je veux bien. Mais alors, comment configurer Samba ? Y a-t-il un utilitaire graphique ? Là, rires de commisération : pauvre fou...etc. Sérieusement refroidi, je regarde si par hasard, il n’y aurait pas un moyen de configurer facilement ftpd ou autre serveur ftp; pauvre fou...etc. Par curiosité je regarde un truc appelé « Samba neighborhood » (en fait un client Samba) qui m’ouvre une interface...entièrement en allemand.

Exit Knoppix 1 (car il y aura un return, vous verrez). Je cherche donc une distribution simple, facile, tout-graphique, accessible, bref une distribution pour les humains. « Linux for human beings », ça ne vous dit rien ? Demain je vous expliquerai pourquoi Ubuntu pense que les humains sont très myopes et parlent en lignes de code.


[1Je tiens ici à présenter d’avance mes excuses au concepteur de ce logiciel sur le dos duquel je fais de l’humour facile. J’ai conscience que son logiciel n’en est qu’à la version 0.6 et est promis à un brillant avenir lorsqu’il sera débuggué. L’idée, les bases et les solutions retenues sont en tout cas excellentes ; Freenas est un logiciel dont il faut suivre avec attention l’évolution et rendra bien des services dans l’avenir

Messages

  • Je découvre votre article à l’occasion d’un butinage à propos de tout à fait autre chose (les squelettes SPIP), mais votre expérience étant apparemment encore en cours, je ne peux m’empêcher de vous faire part de la mienne...

    Situation similaire : je récupère un serveur PII 233 (Klamath), anciennement sous Windows NT 4 server, et en fait sans OS quand je l’ai récupéré pour cause de disques HS.

    Je lui remets donc un disque qui fonctionne.
    Puis, plutôt que de l’installer avec un Windows soit manquant de fiabilité (9x) soit poussif sur cette architecture (XP), j’opte pour Linux : Fedora Core 4.

    Installation du premier coup sans problème (il m’a tout de même fallu lui brancher un lecteur de DVD le temps de l’installation) : il y a une option « serveur » qui fournit tous les modules nécessaires.
    Configuration à la souris sous interface Gnome.
    Attention toutefois : si le serveur est véloce, l’interface graphique est par contre lente du fait de la faible puissance de calcul de la machine !

    Monté en serveur HTTP et Samba, avec clients Linux Mandriva, Windows XP Pro et Home, Windows 98 sur un réseau privé à la maison.

  • Il faut croire que je n’ai pas choisi la bonne distrib’. J’essaierai au prochain crash (ce qui ne saurait tarder). Merci pour l’info.