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Un nouveau départ pour le commerce de musique ?

lundi 28 août 2006

En marge du vacarme que produit une industrie du disque agonisante, sinon sur le plan financier, du moins sur celui de l’innovation, quelques petites notes de musique très discrètes indiquent qu’un profond renouvellement est en cours dans ce secteur d’activité, pour qui sait tendre l’oreille.

Premier exemple : Artistshare, remarqué il ya quelques mois par Techdirt. Cette société américaine, qui prend bien soin de préciser qu’elle n’est pas une entreprise classique (souvenez-vous du « We are not evil » de Magnatune), propose aux artistes une plate-forme sue laquelle ils peuvent proposer à leur fans un ensemble de prestations liées à leur activité de création. Il peut s’agir de morceaux inédits, d’enregistrements live, d’albums signés, de places privilégiées lors des concerts de l’artiste, ou plus astucieusement d’invitations à assister à des enregistrements ou des répétitions. Certains proposent même des cours particuliers. Il s’agit en fait pour eux de récolter des fonds leur permettant de produire leurs prochains albums ; une sorte de souscription publique revisitée par le Web. Il semble bien que le système soit viable pour certains artistes.

Autre exemple, le label canadien Nettwerk qui fait l’objet d’un article élogieux dans le magazine Wired. Comme l’explique bien Terry McBride, le patron de cette jeune société, il s’agit pour l’industrie musicale aujourd’hui de ne plus vendre des disques, mais bien de la musique sous toutes ses formes. On pense bien sûr aux sonneries de téléphone, aux enregistrements live, aux inédits. Plus innovant, la mise à disposition de chacune des pistes d’un disque, librement réutilisable par tous pour effectuer de nouveaux mixages, de nouvelles compositions. Mais le plus important n’est pas là. Ce qui distingue Nettwerk, c’est qu’il n’y a pas de cession de copyright de la part des artistes. Nettwerk propose finalement tout un ensemble de services aux artistes qu’il choisit de soutenir et se rémunère en prélevant 20% des revenus générés. Le prochain terrain d’expérimentation de Nettwerk seront les réseaux p2p, annonce Wired.

Si l’on ajoute l’efflorescence ces dernières années d’initiatives très intéressantes de distribution de musique (Magnatune aux Etats-Unis, Jamendo en France par exemple), ou, plus classiquement de nouveaux diffuseurs, comme eMusic qui vient d’ouvrir une branche européenne il n’est pas difficile de voir que le secteur musical est en train de se transformer en profondeur, et pas nécessairement sur une base non commerciale. Nul doute que ces nouveaux acteurs ne ringardisent à grande vitesse l’industrie traditionnelle du disque.


Voir en ligne : Wired