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Les enjeux politiques de Wikipedia

lundi 4 septembre 2006

C’est la question à laquelle tente de répondre dans son blog, Aaron Swartz, un des membres de la communauté Wikipedia, la célèbre encyclopédie en ligne collaborative. A première vue, la charte de fonctionnement de Wikipedia semble simple : chacun dispose de droits équivalents pour créer ou modifier les articles de l’encyclopédie. On imagine donc que ces articles sont le résultat d’une collaboration égale entre un très grand nombre de participants. Jimmy Wales, le fondateur de l’encyclopédie en ligne répète pourtant assez souvent que Wikipedia avance grâce au dévouement d’un nombre très restreint d’éditeurs (le noyau dur : près de 500) qui font le gros du travail, tandis qu’un nombre considérable de lecteurs modifie apporte très peu de modifications.

C’est une structure en pelure d’oignon très célèbre parmi les communauté en ligne, que ce soit pour le développement de logiciels, ou même simplement sur les listes de discussion où l’on voit émerger un tout petit noyau qui écrit beaucoup, entouré d’un grand nombre d’inscrits qui ne font en fait qu’observer (on les appelle des lurkers). En ce qui concerne Wikipedia, Swartz a repis les archives de l’encyclopédie, et a appliqué un logiciel d’analyse permettant de savoir non pas le nombre d’actes d’édition faits par chacun des contributeurs (c’est ce qu’on mesure habituellement) mais la quantité de texte apporté par chacun. Dans ce cas, a-t-il découvert, la situation est très différente : un grand nombre d’éditeurs occasionnels semblent en effet avoir apporté une grande quantité de textes (en un nombre réduit d’actes d’édition), tandis que les éditeurs du noyau ont beaucoup édité, mais sans apporter énormément de texte (ni d’information finalement).

Cette situation est logique, explique-t-il : dans le fonctionnement d’une encyclopédie, on a un grand nombre de rédacteurs qui possède chacun une connaissance pointue sur un sujet particulier ; et puis une équipe centrale d’éditeurs, qui ont des connaissances plus générales et reprennent les contributions de chacun pour les vérifier, les corriger, les préciser, les améliorer sur le plan de l’expression, etc.

Pourquoi cette discussion ? tout simplement parce que la fondation Wikimedia est entrée (elle aussi) en période électorale pour renouveler 1 siège de son comité directeur. Cette différence de perception quant au rôle que joue chacun, argumente Swartz - qui est candidat à ces élections - modifie considérablement la manière dont pourra être conduite à l’avenir la politique de l’encyclopédie.


Voir en ligne : Who writes Wikipedia ?

Messages

  • Je pense que l’analyse de Aaron Swartz est globalement fausse. Il s’est basée sur un article unique : la biographie de Alan Alda, un acteur de série télévisée. Il est évident qu’à peut près personne ne cherchera à se construire une réputation d’"expert" sur ce type de sujet plutôt léger.

    Cela n’est plus le cas sur les articles les plus fondamentaux. Il suffit d’aller par exemple regarder les articles sur les mathématique, l’obstétrique ou la linguistique pour s’apercevoir à chaque fois qu’une large majorité majorité de leur contenu vient d’au maximum une trentaine de contributeurs passionnés par ces sujets.

    Moi même ancien contributeur prolifique, il m’est souvent arrivé de pas me connecter, voir passer par des proxy anonymiseurs soit quand je souhaitais participer à des articles qui me semblaient en porte à faux par rapport à l’image que je voulais donner sur wikipedia (trop légers ou trop connotés politiquement) qui pourait donner des infos sur mon identité (sur ma pratique professionelle ou mon lieu d’habitation par exemple) soit tout simplement parce que je n’avais pas envie d’être embêté par la suite à gérer la maintenance de cet article.

    • Je suis vraiment déçue de voir qu’on ne peut plus se fier à des logiciels comme wikipédia. En tant que nouvelle enseignante, je croyais ce médium assez pertinent pour le recommander à mes élèves. Que se passe-t-il avec l’éducation ? Est-ce qu’il manquerait de subvention de la part du gouvernement fédéral ??? L’avenir de notre relève en dépendrait-il ??? C’est une question que je pose à qui peut y répondre...