Comprendre la révolution numérique

Accueil > Rubriques > Internet et politique à l’épreuve de la banalité

Internet et politique à l’épreuve de la banalité

vendredi 8 septembre 2006

L’approche des élections présidentielles provoque une multiplication de commentaires, remarque Pointblog, à propos de l’utilisation d’Internet comme moyen de communication politique. Au Parti Socialiste, la « méthode Royal », qui repose, dans les intentions affichées en tout cas, sur un dialogue constant avec un électorat potentiel par l’intermédaire d’un site web conçu comme un forum, fait régulièrement l’objet de commentaires méprisants de la part des plus âgés, à l’exemple de Lionel Jospin déclarant récemment que les tuyaux ne donnaient pas le contenu.

A l’UMP, c’est la mise en oeuvre de méthodes marketing risquées, comme l’achat de liens sponsorisés Adword ou le spaming, qui est remarquable. On y reconnaît la marque de fabrique d’une agence de communication spécialisée connue pour son agressivité dans le domaine.

Au delà, ce qui frappe dans la campagne qui s’annonce, c’est la banalisation de l’utilisation de ces outils par l’ensemble de la classe politique. Blog, sites, forums, chat sont autant de passages obligés aujourd’hui pour chacun des candidats, même potentiels... A un autre niveau, l’invitation de blogueurs identifiés comme influents au côté de la presse que l’on n’ose plus qualifier de dominante étant donné son état de délabrement avancé, est passée dans les moeurs. La complaisance dont font preuve ces invités d’un genre nouveau à l’égard de leur hôte est paradoxalement aussi un puissant ressort de la banalisation.

La croyance en effet à un 5ème pouvoir, citoyen, libre et indépendant, et qui le serait par la seule vertu du support technologique qui le caractérise, est en train de s’effondrer d’elle-même. Les épisodes malheureux de la DADVSI, de l’interview du Ministre de l’intérieur par Loïc Lemeur, et plus récemment, du congrès de l’UMP dissipent totalement les nuées de la démocratie technologique. Blogueurs et internautes, netizen et adeptes de la démocratie électronique semblent découvrir progressivement que la liberté de parole qui permet de revendiquer légitimement le statut de contre-pouvoir n’est pas donnée immédiatement mais s’acquiert progressivement en instaurant difficilement - et en prenant des risques aussi -, un véritables rapport de forces avec les pouvoirs dominants.


Voir en ligne : Poinblog

Messages