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Quand le vote électronique fait débat

mercredi 18 octobre 2006

Devons-nous confier nos bulletins de vote à des machines électroniques ? Depuis que les machines à voter existent, la question n’est toujours pas résolue. En usage depuis longtemps dans plusieurs pays du monde, dont les Etat-Unis par exemple, ces machines permettraient de diminuer les coûts et d’accélérer le dépouillement.

Malgré tout, leur fiabilité n’est pas incontestable et il n’est pas rare que des disfonctionnements aparaissent là où elles sont utilisées. En Hollande par exemple, récemment où, une association a fait la démonstration à un mois des élections générales de la facilité avec laquelle ces machines pouvaient être trompées. Dans ce pays, c’est près de 90% des votes qui sont exprimées par l’intermédiaire de ces machines. Le scandale est si important que le gouvernement a dû demander le changement en urgence des logiciels qui les font fonctionner.

La France ne semble pas épargnée puisqu’elle utilise localement, et dans une proportion bien moindre, ce type de machines. L’adjoint au maire de Grenoble vient cependant de prendre fortement position contre elles. Une des raisons qui le motive, est l’inacessibilité du code informatique, propriétaire, qui ne permet ni aux autorités locales, ni au simple citoyen, de vérifier l’absence de manipulation. Ce type de situation, où la transparence (matérielle et métaphorique) n’est pas assurée, conduit un certain de nombre de personnes, comme Hubert Guillaud, rédacteur en chef d’Internet Actu, mais aussi créateur du blog Le Romanais qui traite de politique locale, à demander qu’on stoppe les machines...du moins jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée.

Pragmatique, le magazine Wired est allé demander à deux spécialistes de l’Université de Berkeley de formuler leur recommandations pour la conception de ces machines. Il faut dire que les Etats-Unis entrent bientôt en période électorale de mid-term et que les dernières élections s’y sont fort mal déroulées, en Floride particulièrement où les systèmes mécaniques de vote (par perforation) ne se sont pas montrés à la hauteur. Les recommandations des experts semblent de bon sens : simplicité et transparence du code, interdiction des cartes mémoire amovibles, verrouillage matériel des logiciels chargés, etc.

D’autres ne sont pas si modérés et pensent que c’est l’idée même de vote électronique qui est à rejeter. On peut en effet se demander quelle est l’utilité d’une telle débauche d’énergie, alors que la traditionnelle technique de vote par bulletin papier fonctionne toujours bien...

Via Padawan


Voir en ligne : Le scandale du vote électronique élcate en Hollande

Messages

  • Sans compter que le vote par bulletin permet à tout un chacun de vérifier l’exactitude du décompte (qui est public). Avec une machine à voter, cela n’est plus possible : pas de recomptage, il faudra faire confiance au ministère de l’intérieur qui se sera porté garant du logiciel (hum...), c’est-à-dire au parti au pouvoir. Avec toutes les dérives envisageables (il est déjà assez difficile de régler une question de faux électeurs dans le système actuel, alors si on retire carrément les bulletins ou que l’on encourage le vote par Internet, plus personne en pourra rien vérifier). 1984. Oui, 1984.

    • Bien d’accord avec ce commentaire...

      Personne n’évoque la « panne informatique » qui a privé Cardenas au Mexique de sa victoire à la présidentielle. Un arrêt du décompte en plein milieu du collationnement des résultats qui le mettaient largement en avance, après il était distancé !

      Ce n’était pas tout à fait la machine à voter, mais je crois que le doute sera encore pire !

      En France, le Code électoral a plus d’un siècle d’existence et le décompte public des bulletins valides (qui sont immédiatement supprimés) pour ne conserver que les bulletins anormaux ou les enveloppes vides permet un contrôle des autorités électorales par la justice quand c’est nécessaire : il faudrait, pour ne pas rester négatif, trouver des équivalents informatiques contrôlables à tous les niveaux. Et cesser de ne voir la question que d’un point de vue technique.