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Gouvernement Fillon et nouvelles technologies : les bonnes personnes aux mauvais endroits

vendredi 18 mai 2007

Alors que le premier gouvernement du nouveau Président de la République Nicolas Sarkozy, vient d’être nommé sous la direction du Premier Ministre François Fillon, on peut s’interroger sur la manière dont les dossiers importants relatifs aux nouvelles technologies vont être traités. Comme le fait remarquer le magazine en ligne Netpolitique, François Fillon et Alain Juppé, qui occupent les deux première places de ce gouvernement, ont tenu jusqu’à présent un véritable blog, qu’ils alimentaient personnellement, au moins en partie. Cela n’en fait certes pas des spécialistes de la question, mais on peut parier qu’ayant eu au moins une fois dans leur vie l’expérience de la communication en ligne, ils ne pourront être totalement ignorants des enjeux qui la caractérise.

La relative jeunesse de ce gouvernement qui marque l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques vont d’ailleurs dans le même sens. L’exemple de Valérie Pécresse, 39 ans, nommée Ministre de le Recherche et de l’Enseignement Supérieur, est emblématique : conseillère chargée des études, de la prospective et des technologies de l’information à l’Elysée en 1998, elle est, depuis 2002, vice-présidente du groupe d’études Internet, technologies de l’information et de la communication et commerce électronique à l’Assemblée Nationale. Autant dire qu’elle présente une compétence certaine dans ce domaine.

On ne peut pas en dire autant de celle qui se retrouve nommée à la tête du ministère le plus stratégique en la matière, au vu de la tradition française et de la situation présente en tout cas, à savoir le Ministère de la Culture et de la Communication. Alors que des rumeurs persistantes pouvaient laisser penser que ce ministère serait recomposé de manière inédite, il n’en est rien finalement. Plus encore, Christine Albanel ne peut rien aligner dans son parcours professionnel qui soit en relation même indirecte avec les problématiques du numérique. Chargée de communication et « plume » de Jacques Chirac pendant plusieurs décennies, cette agrégée de lettres a occupé jusqu’à aujourd’hui la fonction de Présidente du domaine du Château de Versailles... Or, les dossiers qui l’attendent ne sont pas minces ; en particulier la véritable poudrière que représente la question du droit d’auteur dans les environnements numériques, que son prédécesseur, Renaud Donnedieu de Vabres a laissé dans un état épouvantable. La nouvelle ministre saura-t-elle reprendre par le bon bout et sans a priori idéologique ce dossier ? La question reste posée.

Il est une personnalité pourtant dans ce gouvernement, qui pourrait lui procurer une réelle expertise dans le domaine. Il s’agit de Jean-Pierre Jouyet, récent co-auteur avec Maurice Levy d’un rapport remarqué sur la France et l’économie de l’immatériel. Contestable et contesté pour l’ignorance du rôle des biens communs dont il fait preuve, ce rapport a cependant été salué pour avoir mis en lumière l’importance de l’économie des biens informationnels dans un pays qui l’ignore habituellement. Il reste que Jean-Pierre Jouyet, nommé aux affaires européennes, n’interviendra pas sur ce dossier.


Voir en ligne : Le Monde