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Culture 2.0 bêta

mercredi 23 mai 2007

Mouvements de fond dans les industries culturelles. Malgré des prises de position publiques qui restent arc-boutées sur la défense d’un modèle économique périmé, les grands producteurs de produits culturels s’essaient de plus en plus à la mise en oeuvre de modes de rémunération alternatifs. Le dernier en date est la rémunération par la publicité, que plusieurs sociétés de vente de musique en ligne proposent au même moment. Remarqué par le site Ratatium, SpiralFrog est disponible en version bêta au Canada. C’est en fait essentiellement le catalogue de la société Universal Music qui serait disponible sur cette plate-forme. Verrouillés au moyen de systèmes de protection anti-copie ( DRM ), les fichiers seraient audibles pendant trente jours. Le mois prochain, une autre plate-forme, baptisée we7 et lancée par le chanteur Peter Gabriel, lui fera concurrence. Celle-ci devrait fonctionner sans les fameux DRM, qui, dans les faits, rendent souvent difficile la simple écoute de fichiers musicaux. C’est Ratiatum encore, qui attire l’attention sur le lancement de la plate-forme française Airtist. Airtist, qui fonctionne sur le même principe, se veut « éthique », pour les artistes en particulier, à qui elle garantit une rémunération de 12 centimes d’euros par chanson téléchargée. Les fichiers sont eux aussi, libres de tout système anti-copie.

Cette question des DRM, est devenue véritablement essentielle. Aujourd’hui, les grands distributeurs de musique en ligne, conscients des difficultés en terme d’usage que leur imposition entraîne pour les produits qu’ils distribuent, tentent de s’en débarrasser. Amazon en est un dernier et récent exemple. le blog Read Write Web a récemment tenté d’établir une chronologie des différents mouvements sur la question. On y voit bien que le reflux est relativement général.

Du côté du cinéma, la situation semble aussi évoluer rapidement. Alors que le groupe MK2 lance sa plate-forme de vidéo à la demande, et pas seulement sur son catalogue, le site en ligne Allocine fait un premier pas vers la distribution de vidéo à la demande gratuite, c’est-à-dire financée par la publicité. Dans un autre domaine, le nouveau venu Joost, promet de rassembler le meilleur de la télévision et d’Internet. Joost est un système de diffusion de chaînes de télévision par Internet (et plus précisément par Peer-to-peer ) fonctionnant par l’intermédiaire d’un logiciel spécifique. Intégrant des fonctionnalités de réseaux sociaux venant du Web 2.0, il permet aux téléspectateurs de communiquer entre eux à partir des programmes qu’ils regardent.

C’est sans doute un des aspects les plus importantes et intéressants des mutations en cours : les nouveaux modes de distribution des produits culturels et les nouveaux modèles économiques sur lesquels ils devraient reposer à l’avenir, placent les consommateurs dans une position nouvelle dans le système. Le rédacteur en chef du magazine Wired, théoricien et vulgarisateur de la notion d’« économie de la longue traîne », interprète le phénomène comme une sorte de « libération » par rapport au système médiatique traditionnel. Il s’en explique dans un entretien qu’il a accordé au journal Le Monde.


Voir en ligne : Ratiatum