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Quelle politique du numérique pour les sciences humaines et sociales ?

mardi 5 juin 2007

Le Journal du CNRS publie ces jours-ci un court reportage sur la politique que cette institution de recherche entend mener dans les prochaines années en ce qui concerne l’usage des technologies numériques dans les sciences humaines et sociales. Prenant la forme d’un TGE (pour Très Grand Equipement) nommé Adonis, cette initiative se veut adaptée aux particularités que représente aujourd’hui la recherche en sciences humaines et sociales. Beaucoup plus engagées que les sciences exactes dans la vie de la société, les sciences humaines présentent en effet un paysage particulier, marqué par une grande hétérogénéité, une concurrence des modèles épistémologiques et le maintien de particularismes forts non seulement entre disciplines, mais à l’intérieur même des disciplines. Pourtant, l’interdisciplinarité est aussi aujourd’hui une réalité que pratiquent nombre de jeunes chercheurs, n’hésitant pas à aller chercher des méthodes et des connaissances qui ont été produites hors de leur discipline d’origine.

Dans ces conditions, alors que l’usage des technologies numériques est pleinement intégré dans les pratiques de recherche des physiciens ou biologistes, à la fois par les instruments qu’ils manipulent, mais aussi les moyens de communication par lesquels ils diffusent leurs résultats, l’usage de ces mêmes technologies reste problématique en histoire, en linguistique, en sociologie, en philosophie où il soulève nombre de questions à tous les niveaux : d’abord pour ce qui concerne l’instrumentation de la recherche : l’utilisation de bases de données, de sources numérisées, de logiciels experts n’est pas sans effet sur la recherche elle-même, ensuite pour ce qui concerne la communication, où les questions de circulation, de validation mais aussi de formalisation des connaissances produites sont sans cesse posées.

C’est le défi que représente ce paysage compliqué que tente de relever le TGE Adonis : entre une absence radicale de communication due à la multiplication de développements ad hoc et le passage de toutes les connaissances produites dans ce qui serait une grande lessiveuse numérique ignorante des singularités, il fait le pari d’une voie moyenne reposant sur l’émergence progressive de bonnes pratiques, de normes et de bases informatiques communes aboutissant à la mise en oeuvre d’une interopérabilité qui permette d’offrir in fine une interface commune de recherche dans toutes ces connaissances produites au sein des différentes disciplines.


Voir en ligne : Le tout numérique pour les sciences humaines et sociales

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