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Lumière sur les tricheurs de la foire aux vanités

jeudi 6 septembre 2007

Devenue publication de référence, l’encyclopédie en ligne ouverte et collaborative Wikipedia est en train de devenir un lieu où se concentrent, se font et se défont les réputations virtuelles d’un nombre croissant de personnalités plus ou moins célèbres, mais aussi d’entreprises et éventuellement d’établissement publics. La tentation est dès lors grande, pour les uns et les autres, de modifier à leur avantage les articles les concernant, puisque par principe, Wikipedia autorise n’importe qui à modifier à tout moment l’ensemble des textes qui y sont publiés. Il reste que l’opération n’est pas sans risque ; car l’ouverture absolue entraîne une surveillance totale et une traçabilité de chacune des modifications effectuées en ligne, auxquelles sont rapportées les identifiants informatiques (adresses IP) des ordinateurs d’où proviennent ces modifications. Bien que ce ne soit pas facile, il est ainsi parfois possible d’identifier la personne réelle à qui appartient l’ordinateur à partir de cet identifiant. Certains se sont ainsi fait surprendre en flagrant délit d’enjolivement de leur propre biographie.

Si l’identification des individus n’est pas aisée, celle qui concerne les organisations, privées ou publiques l’est beaucoup plus, car, appuyées sur des réseaux qui leur sont propres, les plages d’adresse qui leur sont attribuées sur Internet sont quasiment des informations publiques. Il est dès lors très facile de savoir qu’une personne travaillant au sein de tel entreprise privée ou de tel ministère a modifié dans tel ou tel sens une ou plusieurs pages sur Wikipedia. Très récemment, un étudiant de l’Université technologique de Californie a programmé un outil permettant de systématiser ces recherches. Le Wikiscanner a ainsi permis de lever quelques lièvres amusants. Si l’on s’intéresse au contexte français, on se reportera utilement au nouveau site développé par Jean-Marc Manach, journaliste et activiste spécialisé dans le domaine des nouvelles technologies, qui recense les plus belles modifications en provenance d’entreprises et d’administrations françaises.

Titré Wikivala, le site ne manque pas de saveur. On y voit pris au piège rien moins que des entreprises comme Microsoft et TF1, ou des organismes comme la SACEM, le Ministère de la Défense ou le palais de l’Elysée.


Voir en ligne : Wikivala