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L’e-book revient...par la petite porte

lundi 17 septembre 2007

Le quotidien financier Les Echos vient de lancer une nouvelle offre d’abonnement comportant la fourniture d’une tablette de lecture électronique qui permet de recevoir et de lire tous les matins une version numérique du journal. Cet abonnement e-paper s’inscrit dans un mouvement annoncé de retour sur le marché des e-book après l’échec retentissant des premières machines, comme le Rocket E-book ou leCybook il y a cinq ou six ans.

Depuis, les technologies ont évolué. Les procédés que l’on qualifie d’encre électronique notamment, ont considérablement amélioré le confort de lecture. Le lecteur proposé par Sony, sous le nom de Librié au Japon et de Reader aux Etats-Unis semble apprécié de ses utilisateurs. Il n’est toutefois pas possible de dire à l’heure actuelle des développements, si cette nouvelle génération de machines emportera la mise et provoquera une dématérialisation irréversible du texte, comme l’ipod et les autres lecteurs de mp3 ont pu le faire pour la musique.

Trois facteurs avaient en effet pu être identifiés à l’origine du fiasco des e-books de première génération : la piètre qualité d’affichage, le verrouillage des formats, et les prix trop élevés aussi bien en ce qui concerne les machines que les livres eux-mêmes. A première vue, il semble bien qu’un seul de ces trois facteurs ait véritablement changé. L’initiative d’Amazon, qui proposera sa propre machine dans les prochaines semaines en est bien la preuve : le Kindle ne pourra lire que des fichiers au format Mobipocket, le rendant incompatible avec tout autre distributeur de livre électronique. Les prix, quant à eux, demeurent très élevés. L’offre des Echos s’établit entre 600 et 700 euros pour un an par exemple. De manière plus générale, si on veut acquérir une machine sans passer par ce type d’offre, il faudra débourser un minimum de 300 euros ; ce qui est bien plus élevé que pour un lecteur de mp3 et le rapproche du coût d’un véritable ordinateur. Enfin, le prix d’acquisition des contenus reste aussi très élevé. La librairie numérique que Les Echos propose sur son site est caractéristique : il s’agit pour l’essentiel de livres du domaine public proposés aux alentours de 5 euros l’unité. La Grandeur des Romains de Montesquieu dans un fichier à plus de 4 euros ? De qui se moque-t-on ?

Pas sûr dans ces conditions que le décollage du secteur soit pour tout de suite. On a l’impression que les industriels repartent dans les même erreurs qu’autrefois, en proposant des machines chères et attachées à une offre spécifique de contenu. Malgré ses progrès sur le plan technique, le e-book risque fort de ne pas faire le poids face à son concurrent, universel, interopérable et bon marché : le bon vieux livre papier.


Voir en ligne : Papier électronique

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