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Les réseaux sociaux ouvrent l’accès à leurs données

jeudi 31 janvier 2008

Les plate-formes de gestion de réseaux sociaux, telles Facebook, Linkedin, Myspace ou Orkut, sont d’abord perçues sous la forme de sites web. On pourrait croire que c’est l’apparence de ces sites ou les fonctionnalités qu’ils offrent qui font la différence entre elles. Mais pour un utilisateur, le premier critère de choix entre les plate-formes est bien plutôt la qualité des données qui s’y trouvent déjà ; à savoir, précisément, le nombre de ses amis ou contacts qui sont inscrits sur la plate-forme. Les évolutions des derniers mois le montrent bien : le site web par lequel on y accède, perd progressivement de son importance.

C’est sans doute Facebook qui a donné le coup d’envoi, en mai de l’année dernière, en ouvrant son système à des programmeurs indépendants. [La mise en place d’une API ouverte- est l’élément déterminant qui a donné à la plate-forme une longueur d’avance sur ses concurrentes. En quelques mois, Facebook a pu bénéficier du développement de milliers d’applications exploitant ses données, sans avoir eu à les financer bien sûr. Aujourd’hui, Myspace tente de rétablir l’équilibre en ouvrant son code à son tour. Mais dans le même temps, Facebook reprend l’avantage en offrant aux développeurs une api javascript permettant d’exploiter les données en provenance de la plate-forme sur d’autre sites web.

On le voit bien, la concurrence entre les réseaux sociaux les conduit à adopter la plus grande ouverture de l’accès à leurs données, afin d’en développer les usages au maximum. Ce faisant, on aboutit à une déconnexion progressive entre les données et leur exploitation, ce qui pose quelques questions relatives aux modèles économiques sur lequels reposent ces plate-formes.

Aujourd’hui, on commence à s’interroger sur la possibilité de faire circuler les données d’une réseau à un autre. La question de la portabilité des données fait l’objet de recherches menées par un groupe de travail rassemblant les principaux acteurs du domaine. Cette initiative répond à la question de l’enfermement des utilisateurs dans les réseaux sociaux auxquels ils s’inscrivent. L’idée en train d’émerger est que, propriétaire de leurs données personnelles, les utilisateurs doivent être en mesure d’en maîtriser la migration d’un réseau à un autre. Dataportability, c’est le nom de cette initiative, plaide pour la mise en place d’un cadre commun s’appuyant sur des formats et des protocoles ouverts.


Voir en ligne : Dataportability