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Un « tsunami » pour l’accès libre aux résultats de la recherche

mercredi 16 avril 2008

Depuis plus de dix ans, des acteurs de la la recherche scientifique dans la plupart des pays développés cherchent à libérer les résultats de la recherche des verrous qui empêchent d’y accéder librement. Ce mouvement, qualifié de libre accès, ou open access, oppose la plupart du temps une partie des chercheurs, qui ont besoin de pouvoir lire l’ensemble de la littérature scientifique de leur domaine, aux maisons d’édition scientifique qui cherchent à rentabiliser leur activité.

Pendant toute une première période, les institutions publiques de recherche ont adopté une position relativement attentiste dans ce conflit. C’est essentiellement la Déclaration de Berlin en 2003 qui a marqué un tournant en la matière avec un engagement du CNRS, de l’Institut Max Planck, de l’INSERM et d’autres organismes de recherche en faveur du libre accès.

Aux Etats-Unis, lesNational Health Institutes (NIH), sorte d’agence fédérale de financement de la recherche dans les sciences du vivant vient de faire un pas supplémentaire en rendant obligatoire le dépôt dans Pubmed Central de toute publication issue de recherches qu’elle aurait financé en totalité ou partie. Pubmed Central est une sorte de grande base d’articles en ligne et en libre accès, souvent après un délai de restriction, dans les domaines de la médecine et de la biologie. La « politique de libre accès » imposée par les NIH ne va pas sans poser problème, en particulier parce qu’elle est incompatible avec les politiques de copyright d’un certain nombre d’éditeurs qui refusent le dépôt des articles qu’ils publient dans des bases ouvertes comme Pubmed Central. Le bras de fer n’est donc pas arrivé à son terme.

De l’autre côté de l’Atlantique, on est plus prudent. Malgré tout, la Commission européenne vient de publier le résultat d’une enquête relative à la construction d’un espace scientifique européen (European research area). Une partie de cette enquête fait état d’un engagement d’une part importante des acteurs interrogés en faveur du libre accès. Là encore cependant, les acteurs industriels et les éditeurs expriment leurs inquiétudes et pointent du doigt les incertitudes que le libre accès pourrait faire peser sur la rentabilité économique de leur activité.

Plus généralement, deux observateurs du mouvement pour l’open access (OA) font état dans Library Journal d’un « OA tsunami » en relevant la multiplication des initiatives un peu partout dans le monde et à tous les niveaux. Désormais, les plus importantes et prestigieuses institutions de recherche semblent vouloir (ou devoir) s’engager dans un mouvement toujours plus important. Le très reconnu Directory of Open Access Journals (DOAJ) recense aujourd’hui près de 3300 revues scientifiques en accès libre. Signe supplémentaire d’un véritable changement de modèle dans le monde de l’édition scientifique.

via OA News


Voir en ligne : Periodicals Price Survey 2008 : Embracing Openness

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