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Les multiples formes de la cyber-guerre

mardi 13 mai 2008

L’agence américaine de recherche pour la défense, DARPA, a récemment lancé, selon le magazine en ligne Wired, une initiative massive pour le développement de moyens de guerre électronique dans les systèmes d’information. Selon les informations de Wired, ce programme, doté à hauteur de 2 milliards de dollars, vise à construire un réseau parallèle à Internet, une sorte de cyber-maquette, sur laquelle les forces américaines pourraient concevoir et expérimenter des moyens de guerre électronique offensifs et défensifs.

Selon une autre information publiée par Wired, la DARPA demanderait aux entreprises travaillant sur ce programme de concevoir des agents simulant le comportement d’être humains sur les réseaux électroniques.

Finalement, il s’agirait de construire une gamme complète d’armes pour mener une cyber-guerre au niveau international. Cette initiative, la première de cette ampleur depuis la création de la Darpa à la fin des années 50, témoigne de l’importance que la guerre de l’information prend aux yeux de la plupart des gouvernements.

Dans une toute autre région du monde, le Times of India mettait au jour récemment les dessous d’un conflit qui oppose l’Inde à son rival régional, la Chine. Plusieurs indices montrent en effet que ce dernier pays éprouve en ce moment même les défenses des réseaux électroniques indiens par des séries d’attaques coordonnées. Les deux pays ne sont plus en guerre ouverte depuis le conflit qui les a opposé en 1962. Leurs relations se sont améliorées depuis, notamment sur les questions territoriales, mais restent marquées par le problème du Tibet, dont le gouvernement en exil est réfugié en Inde. Plus globalement, les deux pays sont en concurrence pour un leadership régional sur le plan stratégique et économique.

La récente campagne internationale pour le respect des droits de l’homme en Chine et au Tibet a provoqué, on le sait, une réaction nationaliste chinoise. Il est bien difficile d’évaluer la spontanéité réelle des internautes chinois dans cette réaction. Il semble bien que le gouvernement chinois est très actif dans les formes que prend ce nationalisme sur Internet. Carine Senft-Gouin explique dans la lettre de l’Atelier, comment les sites et messages appelant au boycott des produits français par exemple, sont apparus sur la Toile de manière très coordonnée.

On le voit, la cyber-guerre ne passe pas nécessairement par l’intrusion ou le piratage des réseaux informatiques et de communication. Elle prend aussi la forme d’une guerre d’image et de réputation à l’heure où se développent les médias globaux participatifs. Ainsi, récemment, le blog Electronic Intifada animé par le militant pro-palestinien Ali Abunimah, révélait l’existence de stratégies organisées venant d’activistes pro-israëliens pour intervenir de manière camouflée sur l’encyclopédie en ligne Wikipedia. Selon Abunimah, un groupe localisé à Boston et nommé CAMERA, chercherait non seulement à réécrire certains articles les plus sensibles - ce qui est assez banal -, mais aussi à prendre des positions à l’intérieur de la communauté des contributeurs et éditeurs de Wikipedia. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs été repérés et bannis depuis cette affaire.


Voir en ligne : Wired

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