Comprendre la révolution numérique

Accueil > Rubriques > Usages > Wi-Fi : Du haut débit par le peuple, pour le peuple

Wi-Fi : Du haut débit par le peuple, pour le peuple

mercredi 19 juin 2002, par Annalee Newitz

Reproduction interdite
Cet article fut publié à l’origine dans le San Francisco Bay Guardian sous le titre : Broadband to the People. Merci à Annalee Newitz, de nous avoir aimablement autorisés à en publier une traduction, réalisée par nos soins, pour Homo Numericus

Tout a commencé avec une boîte de Ravioli. Jim Meehan, un ingénieur réseau de San Francisco a lu sur Slashdot, un site attirant des centaines de passionnés d’informatique, comment construire une antenne maison pour son ordinateur. Au coeur du procédé : une vulgaire boîte de conserve : « ils recommandaient d’utiliser une boîte de boeuf en sauce, mais les ravioli étaient moins cher », avoue-t-il. Après quelques essais, Meehan a découvert que son antenne était tout sauf ordinaire : sa vulgaire boîte de ravioli, combinée avec le savoir-faire d’une centaine d’allumés de l’informatique pouvait réduire considérablement le coût d’une connexion Internet pour n’importe qui à San Francisco. Dans certains cas, l’accès pouvait même être gratuit.

L’antenne de Meehan n’est pas faite pour écouter la radio ; elle sert à se connecter à Internet. En utilisant la norme 802.11b, une fréquence radio qui ne demande pas de licence d’utilisation, cette antenne permet à un ordinateur de se connecter à Internet, ou à n’importe quel type de réseau, à peu près de la même manière qu’un téléphone portable se connecte au réseau téléphonique. Et comme 802.11b est libre d’utilisation, Meehan n’a pas eu à payer de licence à la Commission Fédérale des Communications avant d’aller se promener sur Baker Beach, de brancher son antenne à un ordinateur portable, et de la pointer vers celle qu’il a installée sur le toit de sa maison, lui permettant de surfer sur Internet à trois kilomètres de chez lui. Plus tard, il ira au sommet de la colline de San Bruno, sept kilomètres plus loin et répétera l’expérience. Ca marche !

Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour des sociétés comme AT&T. Parce que Meehan n’est pas le seul à pouvoir surfer sur le net avec une antenne en boîte de conserve : en fait, quiconque dispose d’une vue directe sur sa maison peut pointer dessus un de ces périphériques à deux francs six sous et surfer gratuitement en partageant sa connexion. Si cette pratique se répand - et Meehan ne souhaite que cela - qui voudrait payer un service Internet relativement cher à une société comme AT&T ?

C’est exactement ce que At&T ne veut pas que vous vous demandiez et c’est pourquoi elle, ainsi que d’autre sociétés similaires ont pris des mesures pour empêcher des Meehan de mettre en place des accès publics à Internet via réseaux sans fil. Et comme, en vertu de l’accord passé entre AT&T et la municipalité de San Francisco, la société sera bientôt propriétaire de l’ensemble du réseau de câbles en fibre optique qui offre un accès Internet haut débit dans la ville, ils est probable que la politique de développement d’AT&T condamne à terme les communautés d’adeptes du Wi-Fi qui y éclosent.

A moins que, sur intervention de la municipalité, ce soit justement les réseaux sans fils, communautaires et citoyens qui condamnent le monopole d’AT&T.

Lorsqu’il a relaté son expérience sur Slashdot, Meehan a commencé à recevoir des emails d’autres personne ayant expérimenté les réseaux en 802.11b, autrement dit avec du Wi-Fi. Beaucoup d’entre eux avaient de grandes antennes et de puissants « points d’accès », l’appareil qui permet de transformer une connexion Internet câblée en son équivalent sans fil. « Je suis à South of Market », peut-on lire sur l’un d’eux, je vois ta maison et deux de mes amis ont des points d’accès aussi".

Et que se passerait-il si cette communauté dispersée d’allumés se rassemblait avec ses antennes et ses points d’accès pour créer un immense réseau sans fil, de la dimension d’une ville ? Monsieur-tout-le-monde pourrait surfer du coin de la rue ou de la terrasse d’un café ; les écoles qui ne peuvent se payer de plan de câblage pour une connexion haut débit pourrait fournir un accès peu coûteux dans toutes leurs salles de classe ; tout comme les associations ; les bibliothèques pourraient offrir un accès haut débit à bas prix dans les quartiers défavorisés. Pour Meehan, l’idée semble être un projet technologique vraiment intéressant ; pour tous les autres, cela ressemble à une forme de justice sociale.

Pour conduire San Francisco dans l’âge du sans fil, Meehan a lancé une liste de diffusion appelée San Francisco Wireless Broadband (SFWBB) le mois dernier, rassemblant des gens qui veulent mettre sur pied un réseau communautaire sans fil. L’un d’entre eux est déjà en train de dessiner une carte topographique en ligne qui leur permette de repérer les collines et les bâtiments élevés qui coupent le signal radio. Et Jamie Zawinski, le propriétaire du DNA Lounge, a enrôlé l’antenne de son toit pour la cause, à condition que SFWBB trouve un moyen d’empêcher les utilisateurs d’aspirer toute sa bande passante.

Mais SFWBB ne représente que le petit bout de la lorgnette. Les communautés sans fil comme le Bay Area Wireless Uszr Group (BAWUG) et S.F. Wireless ont développé des projets semblables dans les deux dernières années. Les membres de S.F. Wireless ont aidé les résidents du quartier d’Inner Sunset a mettre en place ce qu’ils appellent des « hot spots », des petites surfaces permettant un accès sans fil autour de leurs maisons ou lieux de travail. Si vous raccordez une antenne à votre ordinateur portable et vous baladez entre la 9ème avenue et Irving, vous pourrez capter des dizaines de réseaux sans fil ouverts au public, y compris le mien. Surf and Sip, une boîte de San Francisco, a aussi installé des hots sopts dans les cafés à travers le pays, permettant aux clients d’accéder au réseau contre paiement d’une petite somme.

A New York, une communauté sans fil a mis en place plusieurs hot spots gratuits dans les parcs. Et à Seattle, des groupes semblables sont en train d’imaginer un réseau s’étendant sur tout la ville. Selon une étude réalisée par le groupe Cahners In-Stat, les Américains ont dépensé 2,4 milliards de dollars cette année pour installer du Wi-Fi. Pourquoi San Francisco, une des villes les plus en pointe en informatique dans le monde ne profiterait-elle pas d’une technologie dont tant de gens jouissent déjà ?

Les barons voleurs du haut débit

Bien que le boom de la nouvelle économie ait été accompagné de récits sans fin sur comment Internet serait un nouvel outil pour la démocratie, rassemblant tout le monde dans des hôtels de ville électroniques, la réalité est que la connexion coûte de l’argent. Le coût des ordinateurs a considérablement baissé, mais pour avoir une connexion Internet correcte par téléphone, vous devrez sans doute payer environ 25 $ par mois pour des services comme Earthlink ou AOL. Ce qui était autrefois un Internet libre est devenu du business. Nielsen Netratings estime qu’il y a 165 745 689 connectés aux Etats-Unis. Multipliez ce nombre par 25 $ par mois, et vous vous retrouvez avec une industrie qui pèse 50 milliards de dollars par an, rien que pour les services d’accès.

Aujourd’hui, l’accès par téléphone est progressivement remplacé par le haut débit, qui coûte encore plus cher. Il y a une raison simple pour expliquer que les gens choisissent le haut débit : les modems téléphoniques ne sont tout simplement pas assez rapides pour vous permettre de télécharger des chansons, regarder des images ou des films en ligne.

Quand on parle de haut débit, on désigne des services comme ceux qu’offrent le câble, l’ADSL ou les lignes T1. Alors qu’un modem plafonne à 56000 bits de données par seconde, une ligne haut débit atteint presque un million de bits par seconde, soit vingt fois plus. Sur un modem à 56k par exemple, il faut trois heures pour télécharger une seule chanson de Metallica. Par un accès haut débit, cela prend moins de dix minutes.

Par ailleurs, les accès haut débit passent par des câbles similaires à ceux qui sont connectés à la télévision ; ils sont donc particulièrement utiles pour tous ceux qui ne veulent pas avoir à débrancher leur téléphone à chaque fois qu’ils sont en ligne.

Selon Nielsen Netratings, il y a actuellement 1,1 millions d’utilisateurs du haut débit dans la baie de San Francisco. C’est un nombre impressionnant pour une seule région, laquelle est placée au quatrième rang des Etats-Unis pour l’utilisation de ces technologies - et les utilisateurs paient entre 50 et 100 $ chaque mois à leur fournisseur d’accès. Ces coûts n’incluent pas les frais d’installation, qui peuvent aller jusqu’à 300 $. Il est clair que pour l’industrie du haut débit, comme AT&T ou Verizon, c’est un marché de plusieurs milliards de dollars. Et les baron voleurs du haut débit en veulent toujours plus.

Un des moyen les plus simples pour attirer toujours plus de clients consiste à être le seul fournisseur d’accès de la ville ayant accès à un réseau de lignes à haut débit. Le type de lignes le plus répandu est en fibres optiques. Fait de centaines de fils de verre, un câble en fibre optique peut transporter des données numériques à une vitesse époustouflante. La fibre optique est aussi multi-fonctionnelle : le même câble peut vous apporter des programmes télévisés, des données Internet et des appels téléphoniques en même temps. Il n’est donc pas surprenant que des sociétés comme AT&T qui veulent dominer le marché des communications, s’intéressent de très près à la fibre optique (les compagnies ADSL de leur côté, utilisent les lignes téléphoniques existantes). Si les fournisseurs d’accès à haut débit peuvent acheter des réseaux à fibre optique, ils peuvent contrôler le matériel qui vous apporte absolument tout : depuis Six feets under sur HBO jusqu’aux appels téléphoniques de votre petit(e) ami(e).

A San Francisco, c’est exactement ce que les consommateurs sont en train de vivre. AT&T a un contrat de franchise avec la ville qui lui assure un contrôle total sur le réseau de fibre optique de la ville - tout ce qu’AT&T a à faire, c’est de poser les câbles. Pour comprendre ce que cela représente, vous n’avez qu’à imaginer que les câbles sont des tuyaux. Ce que San Francisco dit, c’est que si AT&T pose les tuyaux, il a aussi le droit de contrôler tout ce qui passe dans les tuyaux. Donc, à chaque fois que vous tirer la chasse, vous payer AT&T pour avoir le privilège d’utiliser ses tuyaux pour siphonner votre merde jusqu’à la station d’épuration. Et même si chacun n’utilise qu’une petite partie de l’espace disponible dans les « tuyaux » à haut débit - c’est-à-dire la bande passante disponible - AT&T ne veut pas que vous partagiez cet espace avec quiconque n’a pas payé AT&T.

Les gens comme Meehan qui appartiennent à des communautés sans fil veulent partager les tuyaux. Et c’est ce qui emmerde AT&T. Bien que les câbles en fibre optique ont une bande passante suffisante pour alimenter des communautés sans fil assez grandes sans dégrader la qualité de service, la compagnie a des règles très strictes dans son contrat d’utilisation qui interdit aux clients de monter des réseaux tels que ceux que Meehan a en tête. Et si la compagnie contrôle l’ensemble des câbles à haut débit de la ville - et que la ville accepte cette interdiction de partager la bande passante -, le rêve de Meehan sera beaucoup plus difficile à réaliser.

Les communautés sans fil ne disent pas que les gens ne doivent pas payer les sociétés qui leur donnent accès au haut débit, et elles n’essaient pas de revendre leur accès à d’autres personnes. Elles veulent juste partager un peu de la bande passante pour laquelle elles ont payé ; de la même manière que vous pouvez donner un verre d’eau à votre voisin, sortant des tuyaux pour lesquels vous avez payé un droit d’accès, ou laisser un ami utiliser vos toilettes, sans payer à chaque fois qu’il tire la chasse.

Les malheurs de la franchise

Il y a un problème de connexion entre les communautés d’utilisateurs sans fil et la ville de San Francisco. Malgré les efforts de Tim Pozar, un des fondateurs du BAWUG, qui a quelques idées excellentes sur la manière dont la ville pourrait bénéficier de ses propres réseaux sans fil, c’est comme si la Commission des Télécommunications de la ville et des groupes comme le SFWBB vivaient sur des planètes différentes.

L’existence de communautés sans fil pourrait sérieusement remettre en cause le contrat avec AT&T, une remise en cause qui tombe au bon moment. Car le Procureur Général de la ville et le Département des technologies de l’Information et des Télécommunications (DTIS) sont en train de mener une enquête pour savoir si le contrat d’exclusivité de plusieurs millions de dollars entre San Francisco et AT&T devrait être renégocié, étant donné les décisions suspectes prises par la compagnie ces derniers mois.

Mais la discussion sur l’interdiction faite aux utilisateurs de partager la bande passante n’est même pas à l’ordre du jour de la municipalité.

C’est en 1999 que San Francisco a passé un contrat avec AT&T : le géant fournirait à la ville un nouveau réseau en fibre optique, et en retour AT&T serait le principal fournisseur de télévision par câble de la ville, de même que d’accès Internet à haut débit. Mais AT&T a déjà pris un an et demi de retard sur son plan de câblage. Pour empirer la situation, la filiale d’AT&T, AT&T Broadband a annoncé qu’elle entamait un processus de fusion avec son concurrent Comcast, ce qui signifie que la franchise serait tout à coup détenue par une autre société. Et il est écrit dans le contrat de la ville que l’accord ne peut être transféré.

Le porte-parole d’AT&T Andrew Johnson dit que l’accord avec Comcast n’affectera pas la contrat avec San Francisco. Il argumente que de toute manière, le contrat est détenu par Television Signal Corporation qui est à son tour détenue par AT&T et que TSC est simplement une partie de la dot qu’AT&T apportera dans le contrat de mariage avec Comcast. « Le contrat d’exclusivité ne demande pas que la municipalité approuve le changement de contrôle », ajoute Johnson.

Les responsables de plusieurs services de la ville ne sont pas si sûrs que cette interprétation tienne la route. Le procureur délégué de la ville, Julia Friedlander, affirme pour sa part que le contrat avec Comcast est en fait un transfert de propriété. « C’est une question très disputée », conclue-t-elle.

Pour rendre les choses encore plus compliquées, la FCC a rendu en mars dernier une décision très controversée. Selon Denise Brady, directeur délégué du DTIS, « la FCC a classé les modems-câble comme des systèmes d’information, et non comme des services du câble ou de télécommunications. Cela entraîne une grande confusion sur la question de savoir quelles régulations et quelles lois vont s’appliquer [à l’accès Internet à haut débit]. Car si les modems-câble sont des services d’informations, ils ne sont plus couverts par notre accord d’exclusivité avec AT&T ».

En fait, la décision de la FCC a échappé à plusieurs procédures la remettant en cause au niveau de l’Etat. Brady déplore qu’elle pourrait signifier la fin d’une régulation locale et fédérale de l’industrie de l’accès Internet à haut débit. Ce qui pourrait très bien laisser la ville sans possibilité légale de remettre en cause des décision prises par les entreprises sur l’utilisation de cet accès.

Les allumés du sans fil à la rescousse

Pourtant, si on peut empêcher les entreprises monopolistiques de contrôler l’accès à hait débit, les bénéfices potentiels peuvent être énormes.

Pozar dirige une organisation à but non lucratif appelée Bay Area Regional Wireless Network qu’il a financé de sa propre poche et de celle de quelques amis. Ingénieur de profession, Pozar est un activiste de longue date ; il a lancé des stations de radio communautaires et des services locaux d’accès à Internet. Maintenant, il veut apporter les réseaux sans fil aux citoyens de la baie de San Francisco et aux services d’urgence qui les servent.

En utilisant des antennes puissantes et un équipement expérimental de sa propre conception, il se propose de créer une « épine dorsale » sans fil qui délivrerait un signal de colline en colline puis irriguerait les villes qui se trouvent à leurs pieds. « C’est parce que j’ai travaillé tellement longtemps dans le secteur de la diffusion audio-visuelle, dit-il. Du coup, j’ai plein d’amis qui ont accès au sommet des collines ».

Pour l’instant, l’expérience a l’air de marcher. Le groupe de Pozar a déjà installé une connexion sans fil entre Hayward et Sign Hill. Avec un réglage millimétré et un fournisseur d’accès pour partenaire, la connexion pourrait fournir une couverture aux populations habitant alentour.

De manière plus intéressante encore, Pozar veut fournir à la ville du haut débit sans fil pour les services d’urgence. En ce moment, il est en discussion avec le comté de San Mateo pour offrir ses services aux pompiers et à la police. Cela leur serait immensément profitable car pour l’instant, les services d’urgence n’ont pas la possibilité de télécharger, lorsqu’ils sont sur le terrain, des images ou des cartes numériques. Avec le système sans fil de Pozar, les pompiers pourraient télécharger des images aériennes en temps réel de l’incendie qu’ils sont en train de combattre. Ce qui leur permettrait d’adapter leur stratégie pour une meilleure efficacité. La police pourrait télécharger les photos de suspects ou d’autre types d’informations dont ils ont besoin sur le champ." Nous voulons travailler au plus proche des services d’urgence et connaître leurs besoins précis pour pouvoir expérimenter et mettre en place le meilleur système sans fil possible pour eux", conclut Pozar.

Pozar a d’autres idées encore plus révolutionnaires sur ce qu’il pourrait faire pour la ville de San Francisco. Il veut créer un réseau sans fil de San Francisco, une sorte de mini-Internet qui ne servirait que pour les résidents de la ville. « Il ne s’agit pas de connecter chacun à Internet, mais tout le monde ensemble pour former une communauté », dit-il. En utilisant le sans fil, les habitants pourraient partager des ressources comme des imprimantes ou de l’espace-disque. Ils pourraient aussi utiliser le réseau pour passer des appels téléphoniques locaux. « Le réseau vous permettrait de contourner les compagnies locales de téléphone », ajoute-t-il. Les gens pourraient aussi avoir leur site Web sur le réseau et mettre en place des circuits d’échanges locaux de fichiers comme Napster, de sorte à partager leurs nouveaux morceaux de musique avec quiconque souhaite les télécharger dans la ville. Vous pourriez avoir accès gratuitement au réseau de San Francisco. Mais pour aller sur Internet, j’imagine que vous devriez payer des frais de participation conjointement à d’autres personnes pour bénéficier d’un accès Internet à haut débit".

Si San Francsico travaillait avec les communautés d’adeptes du sans fil pour mettre en place un tel réseau, ce serait le premier de ce type à l’échelle d’une ville. Et ce ne serait pas une évolution tellement étonnante, dans la mesure où San Francsico est la cité la plus branchée du pays, la plus technophile.

Mais aussi longtemps que la ville n’est pas capable de réguler l’Internet à haut débit, il est peu probable que la vision de Pozar puisse se réaliser. Car si la franchise accordée à AT&T comprend l’accès à Internet, la municipalité doit renégocier cet accord pour que les utilisateurs du haut débit puissent le brancher sur des communautés sans fil. Si la décision de la FCC tient le coup et que l’Internet à haut débit est dérégulé, alors ce sera au législateur de s’opposer à la FCC pour que les villes puissent fournir à leur concitoyens et à leurs services d’urgence le réseau à haut débit et bas coût dont ils ont besoin et qu’ils méritent.

Déjà, à Seattle, le fournisseur d’accès Speakeasy autorise ses clients à utiliser des réseaux sans fil. La philosophie de Speakeasy est que les clients doivent être autorisés à faire ce qu’ils veulent du service pour lequel ils paient. « Nous ne sommes pas là pour faire la police », dit Mike Apgar, le directeur de la société. « Nous voulons que nos clients explorent ce qu’ils peuvent faire avec du haut débit, et nous n’avons jamais eu de problème avec les utilisateurs des réseaux sans fil. Il est vrai que certains utilisent beaucoup de bande passante, mais cela fait partie de notre business model de le leur permettre ».

Entre-temps, des communautés comme Seattle Wireless ou New York Wireless, ou encore Sonoma County’s NoCat s’activent à mettre en place des accès publics aux réseaux sans fil dans leur région. Peu importe ce que fait AT&T, l’élan pris par le sans fil communautaire ne s’arrêtera pas.

Peut-être que la grande force de ces groupes -ce que n’a pas AT&T- c’est leur enracinement dans des communautés. « Je ne cherche pas à faire de l’argent », dit Pozar. « Nous n’avons pas de but lucratif. Tout ce que je veux, c’est faire du bon boulot. Cela vient de mon travail avec les radios communautaires. A l’époque, je lançais des radios pour créer un monde meilleur grâce à une communication plus démocratique. Et c’est ce que j’essaie de faire maintenant ».

Messages

  • L’analyse fort intéressante par ailleurs s’appuie quand même sur une comparaison faussée. L’eau ou l’électricité se payent à la consommation réelle donc si vous décidez de fournir votre voisin, rien ne vous en empêche mais c’est vous qui payez.
    Dans le cas du haut débit, la consommation n’est pas limitée par le fournisseur. Cette consommation lui coute quand même de l’argent. Alors si tout le monde partage sa connexion, soit le fournisseur laisse faire et la qualité du service va vite se dégrader, soit il fait les investissements nécessaires et une connexion haut débit deviendra plus chère.

    • Je n’ai pas de réponse à apporter à cette dernière question. Bien au contraire, je m’interroge moi aussi sur les moyens de « protéger » la bande passante. Y a-t-il un moyen de limiter le nombre d’accès simultanés, sans pour autant se dérober à l’esprit communautaire du WiFi ? A l’heure actuelle, je crois savoir qu’en France, le débit théorique est d’environ 50Mbits et qu’en accédant à distance (c’est là l’intérêt, non ?), on peut tomber à 1Mb selon le nombre d’utilisateurs.
      Autrement dit, le WiFi peut-il fonctionner tant qu’un véritable maillage géographique n’a pas été mis en place sur un secteur (d’autant, semble-t-il, que le nombre de points d’accès est limité à 2 par km2)...
      Bref, où en est-on en France ?

      Voir en ligne : Expérimentation nationale

  • Et au niveau de la Belgique, où en est-on ? J’ai beau chercher des arcticle sur la législation et autres, rien. Sinon, que je peux déjà trouver du matériel à acheter dans le commerce depuis un certain temps.

    Puis, les réseaux WI-FI ne devraient-ils pas rester privé ou ne devrait-on pas partager la gamme de fréquences en 2 (1 privée et une autre pour les télécoms) ?

    Puis, il est vrai qu’au niveau de la sécurité, il ne faut pas partager sa ligne à n’importe qui. Pour moi, une ds seules alternative à ce sujet (si j’avais une ligne à partager dans mon quartier), ce serait que les riverains qui profiteraient de la ligne payent une part de la facture ADSL ou cable de l’émetteur. En effet, je ne serais pas fort d’accord d’offrir ma ligne à autrui pour ma pomme. Sauf, s’il paye.

  • la classe !! Mon objectif ? la même chose à Strasbourg !!