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Le gouvernement joue-t-il vraiment le jeu de l’open data ?

13 janvier 2012, 00:32, par acign

Bonjour,
Votre réponse pose en fait trois autres questions, celle de la perception du temps tout d’abord, celle de la gratuité de l’API Géoportail, et enfin la question de l’équilibre budgétaire de l’IGN.

A l’échelle de mesure traditionnelle du temps chez les cartographes, deux années peuvent sembler courtes ; il fallait autrefois 30 ans pour renouveler la carte d’Etat-major, puis ce qui est devenu la carte au 1 :25000, alors qu’un siècle entier est nécessaire pour renouveler le cadastre (mais il n s’agit pas là que de cartographie).

En matière de données numériques et de services en ligne, une période de deux ans est au contraire très longue, voit apparaître des mutations majeures (croissance voire généralisation du sans fil, des outils nomades, du cloud computing, apparition ou consolidation de nouveaux géants du web…) ; en cartographie, comme dans d’autres domaines de l’administration, il s’agit donc d’harmoniser ces temporalités différentes, tout en continuant à s’adresser à tous selon les principes du service public ; concrètement il s’agit d’être présent sur le web et de diffuser des données numériques, tout en continuant à imprimer du papier et à le distribuer sous forme traditionnelle. L’IGN n’est qu’un parmi d’autres à affronter ces problèmes mais, pour tous, penser que deux ans est une période courte ne recouvre qu’un aspect des évolutions en cours.

Pour ce qui est de l’API Géoportail, il ne s’agit pas de données, mais d’un service en ligne appuyé sur des données, les licences s’appliquant aux données n’étant donc pas adaptées. L’API Géoportail a donc une licence spécifique, permettant d’une part de larges possibilités d’utilisation gratuite pour la publication sur des sites web ouverts : https://api.ign.fr/geoportail/presentation.do?presentationSubjectId=6 et d’autre part un ensemble de cas d’utilisations tarifées pour lesquels une clientèle existe déjà.

Sur la réalité commerciale d’une partie de l’activité de l’IGN, il s’agit d’abord de maintenir un équilibre financier établi depuis longtemps, fait d’une subvention à hauteur d’une grosse moitié et de vente de prestations diverses (travaux, conseil, ventes de cartes, …et vente de licences de données) en complément. Cet équilibre est bien connu et est reconduit annuellement par ses tutelles et son conseil d’administration.

Il s’agit aussi d’être en prise directe avec un secteur économique et professionnel et d’accompagner ses mutations, ce qui me semble, à l’expérience, et sans doute aussi malgré quelques erreurs, malentendus et péripéties, en fin de compte plutôt positif pour tous.

Bien cordialement